C'est par une maussade journée de décembre 2025 que je décidai de m'aventurer sur les hauteurs de lîle de Lanzarote (aux Canaries).
Je connais bien cette île, pour y être allé une dizaine de fois, et c'est avec une grande joie que j'y remets les pieds pour un dépaysement total, toujours émerveillé par la diversité des paysages et des volcans.
Je me suis rendu dans le village de Guinate, endroit très peu fréquenté par les touristes, alors qu'on peut y voir pourtant un des plus beaux panaromas de lîle sur l'achipel de Chinijo.
C'est un territoire rural, réservé à la culture de la pomme de terre, de la vigne, des figuiers et de légumineuses essentiellement. L'homme s'y est installé car le climat y est légèrement plus humide que sur le reste de l'île. D'ailleurs, Lanzarote est méconnaissable en cette fin d'année 2025, tellement il a plu, après trois années de grande sécheresse. Certaines zones sont devenues vertes, ce qui est très rare.
En voiture, je prends la petite route bifurquant à gauche dans le village. Je me gare avant que la route ne rétrecisse et je décide de faire le chemin à pied.
Ici, c'est un endroit magnifique pour voir comment l'homme s'est adapté à l'environnement volcanique pour se nourrir. Les potagers se succèdent sans clotures (elles sont interdites sur l'île), au milieu d'une zone où quelques plantes se recontrent par milliers : elles sont parmi les plus résistantes à la sécheresse, car jamais irriguées, je veux parler de Aeonium lancerottense et Senecio kleiniae (ci-dessous). Elles semblent avoir trouvé l'endroit idéal pour croître et se reproduire !
En moins grande quantité, quelques Phoenix canariensis, Opuntia dillenii, et Aeonium balsamiferum (?)
Le chemin finit par monter, je pense qu'en voiture ça serait possible, mais plutôt en 4X4,.
Ci-dessus, Aeonium lancerottense, il y en a des centaines de miliers. Pas de floraison visible (rose clair), car ce n'est pas la saison. On remarque des lichens, car cette zone est souvent dans les nuages en début de matinée.
En se retournant, on observe quelques anciennes cultures en espalier, visiblement abandonnées. Au fond, le célèbre volcan de la Corona, qui mérite le détour. Il est calme depuis 3000 ans.
J'arrive en haut du chemin, sur un plateau, appelé le mirador de Gayo, endroit magnifique battu par les alizés qui soufflent plus de 300 jours par an. La vue sur l'archipel de Chinijo mérite le détour, même par un jour maussade comme celui-ci !
Lanzarote est-il un paradis pour les Aeonium ? Pour A. lancerottense, certainement !
Il est majoritaire sur cette zone est d'une manière générale, sur le nord de l'île, à Masdache et aux abords du parc de Timanfaya.
Les autres espèces d'Aeonium n'y sont que très peu représentées, voire pas du tout, à cause de la sécheresse du climat. A. lancerottense semble bien mieux adapté aux longues séquences sèches.
Guinate, la ville de Masdache et la route entre le restaurant Los Helechos et Haria nous en montre des millions. Certains poussent dans un substrat très mince (comme à Masdache), d'autres en pleine terre plus ou moins sableuse, ou dans la roche volcanique.
(Eric K., janvier 2026)