Visite au Jardin botanique de Nice

 

 

Situé sur les hauteurs de la ville de Nice, ce jardin (ouvert tous les jours de l’année) mérite le détour par la quantité de plantes proposées. Le mot-clé de ce jardin est la biodiversité ; en effet, plus de 3500 espèces de plantes de tous les continents sont réparties sur trois hectares. Même s’il est un peu difficile de se repérer dans ce jardin gigantesque, les amateurs de plantes succulentes trouveront leur bonheur au milieu de collections d’autres types de plantes.

 

 

Les deux genres principalement représentés dans ce jardin sont les agaves et les sauges. En légère pente avec une belle vue sur la baie de Nice, ce jardin permet une très belle balade à travers la flore de quarante pays différents. Ce qui frappe d’emblée en visitant le jardin pour la première fois est la taille et la quantité impressionnante d’Agavacées.

 

 

La famille des Agavacées regroupe plus de 200 espèces (dont Agave, Beschorneria, Doriantes, Furcraea et Hesperaloe), réparties uniquement en Amérique du Nord et en Amérique centrale. Ces plantes sont vivaces, organisées en rosettes de feuilles fibreuses, le plus souvent pourvues d’épines. Presque toutes les espèces sont monocarpiques, c’est-à-dire qu’elles produisent à la fin de leur vie une grande inflorescence terminale (atteignant parfois plus de 5 m de haut !). La plante meurt ensuite, épuisée par la magnificence de cette hampe. Certaines espèces étaient en fleur lors de ma visite en juillet 2009, comme le classique A. americana, ou l’espèce A. polianthiflora, rarement rencontrée en culture.

 

Agave polianthiflora

 

 

          Agave vient d’un mot grec signifiant « digne d’admiration ». Certaines espèces sont gigantesques telle l’Agave salmiana var.ferox. Ses feuilles sont très rigides et beaucoup plus larges que l’Agave salmiana. Le nom de ferox n’est pas usurpé et il faut lui réserver beaucoup de place pour éviter de se piquer.

 

Agave salmiana var.ferox

 

 

Bien que certaines espèces puissent supporter de très fortes gelées puisqu’elles peuvent être acclimatées dans le Nord-Est de la France, la plupart des agaves préfèrent le climat méditerranéen, la sécheresse prolongée et les précipitations parfois très intenses ne leur posant aucun problème.

 

Le curieux A.difformis est une espèce résistant à -15°C au sec, et mériterait donc d’être testé dans nos régions…

 

Agave difformis

 

 

La plupart de ces espèces étant très cespiteuses, on imagine le calvaire que peut représenter la collecte de multiples boutures enchevêtrées au pied de la plante mère et surtout le désherbage entre les agaves dont les feuilles ont vite tendance à se croiser si la terre est riche.

 

 

Agave obscura

 

 

           Certaines espèces sont superbes comme A. macroacantha, ou A. victoria-reginae venant du Mexique, à la géométrie parfaite, mais d’une croissance hélas désespérément lente.

 

Agave macroacantha

 

 

Agave victoria-reginae

 

 

On trouve aussi des espèces rares, comme A. warelliana, A. aurea, ou encore A. kerchovei

 

Agave warelliana

 

 

Agave aurea

 

 

Agave kerchovei

 

 

 

           De nombreuses espèces d’agaves sont utiles. Ainsi, le sisal vient de l’Agave sisalana, les feuilles fournissant les fibres (ci-après). Le jus tiré des feuilles de certaines espèces produit une sorte de savon. Certaines hampes florales contenant un peu de sucre donneront le sirop d’agave. D’autres espèces (A. atrovirens) permettront de faire de l’alcool, le pulque. Enfin, les racines et les feuilles ont aussi des vertus médicinales….

 

 

Agave sisalana

 

 

Certains agaves (le mot Agave est masculin, qu’on se le dise !) ont les bords des feuilles garnis de fils blancs, comme A. multifilifera ; il ressemble alors à un Dasylirion.

 

Agave multifilifera

 

 

Dasylirion weehleri, espèce très rustique venant de l’Arizona et du nord du Mexique

 

 

          Quelques sujets impressionnants par leur taille ont attiré mon attention, comme ces gigantesques Dasylirion longissimum (tout le monde rêve d’avoir ça dans son jardin !), Furcraea bedinghausii, bien plus grand que moi, ou ces Yucca rigida et Yucca filifera

 

 

Dasylirion longissimum, un seul individu peut avoir plus de 200 feuilles de seulement 4 mm de largeur

 

Furcraea bedinghausii

 

          Les amateurs de broméliacées ne sont pas en reste, puisqu’on peut voir un certain nombre d’ Hechtia aux dimensions honorables ; et des Puya, venant du Chili.

 

Hechtia epigyna

 

 

          Un peu perdu dans ce grand jardin, je tombe par hasard sur le grande rocaille consacrée aux plantes des Canaries, remplie d’Aeonium, tous en période de repos.

 

 

Aeonium goochiae

 

 

Aeonium spathulatum

 

 

Aeonium manriqueorum

 

 

Ailleurs, on remarquera quelques Opuntia phaecantha var.discata, des Euphorbia resinifera en pleine terre, et quelques Kalanchoe ou Aloe classiques, quelques Parodia ou Ceraria cultivés dans de grands bacs en béton.

 

 

De magnifiques parterres de sauges nous montrent à quel point ce genre est riche et varié ; la collection du jardin botanique de Nice mérite vraiment le détour !

 

Salvia penstemonoides

 

 

          Malgré la chaleur moite de cette journée de juillet et la grande sécheresse, on y remarque des milliers d’escargots agglutinés au sommet de centaines de piquets plantés dans le sol parmi les sauges !

 

 

         La visite se terminant par le retour au parking, on peut y admirer quelques belles espèces d’Agaves, comme A. nigra (croisement de A. lechuguilla et de A. victoria-regina), entourées d’espèces marginées comme A. angustifolia var.marginata et de Yuccas au troncs rampants comme Y. desmetiana.

 

 

Feuilles d’Agave nigra

 

 

 

 

Eric Kullock, novembre 2009